La parisienne exilee!

Publié le par Pauline du Chayla

Vous vous demandez ce que je peux bien vous raconter dans un article intitulé « la parisienne exilée » ? C’est sans doute un titre étrange, mais il n’y a rien de plus simple ! Je vais tout simplement vous faire part des impressions que l’on peut avoir sur la ville de Wroclaw, ainsi que sur les polonais et leurs habitudes, quand on est français, et surtout quand on est parisien… D’abord deux remarques précises, puis une réflexion sur le sentiment d’exil que l’on ressent quand on est loin.

 

« A table ! »

 

Le deuxième jour de mon arrivée, on nous a emmenés faire un tour autour de Wroclaw, avec une vingtaine d’enfants de mon association, mais il ne s’agissait pas des enfants aveugles. Nous avons visité deux petites villes, un musée, et enfin nous avons escaladé un chemin dans une forêt… Lorsqu’il s’est mis à pleuvoir, on a tout redescendu et on s’est aperçu qu’il était déjà 3h et que l’on n’avait toujours rien avalé !! Le déjeuner était prévu dans une sorte de ferme avec, comme toujours en Pologne, une soupe, puis le mélange traditionnel, viande, purée et chou ! En quelques minutes, nous avons tous dévorés ce bon repas mais, a peine leur dernière bouchée avalée, les personnes qui étaient à ma table se sont levés en disant « dziekuje ! » (Merci en polonais) et sont partis. En Pologne, il paraît que les gens restent beaucoup moins longtemps à table que nous, et qu’ils n’ont pas l’habitude de discuter et de refaire le monde tout en étant attablés autour de mets sympathiques, de fromages et de vins !

 

« Les tramways »

 

Lors de mes derniers mois à Paris, j’étais heureuse de me dire : je vais enfin quitter le métro, je ne prendrai plus ce moyen de transport si désagréable, je ne sentirai plus ce mélange de parfum, de sueur et d’odeurs tout aussi sympathiques, je ne me retrouverai plus collée à des gens que je ne connais pas, priant pour que le métro arrive le plus vite possible ! Je ne savais pas, à ce moment là, ce qui m’attendait ! On pourrait écrire un roman sur les tramways de Wroclaw, tellement ils sont imprévisibles ! C’est sûr, c’est quand même plus agréable d’être à l’extérieur qu’enfermée sous la terre, mais en ce qui concerne le monde, c’est la même chose ! Il y a très peu de mendiants, pour ne pas dire aucun, ce qui est plutôt positif. Mais la caractéristique essentielle de ces tramways est la suivante : ils ne vont jamais là où on veut qu’ils aillent. De fait, je vais vous raconter une anecdote amusante, pour dépeindre cette situation. Une dame demande à un monsieur : « Est-ce que ce tram passe par la place Grumdzalski ? » et le monsieur répond, tranquillement : « Sans doute. Du moins hier il s’y est arrêté. » Cet été par exemple, les tramways ont changé de trajets au moins trois ou quatre fois, et le pire, c’est qu’on ne peut pas prévoir ces changements. De temps en temps, une toute petite affiche est placardée dans certains trams, en polonais bien sûr, et seulement une fois sur cinq ! Il faut donc prendre son mal en patience, et je dois dire qu’on apprend vite à ne pas s’en faire. Le retard devient beaucoup plus fréquent, et l’on est surtout beaucoup moins stressé qu’à Paris ! Ha oui, j’oubliais ! Si vous ne vous sentez pas très bien, ou si vous avez un tout petit peu mal au cśur, abstenez-vous ! En effet, prendre un tram à Wroclaw équivaut plus ou moins à faire l’attraction des montagnes russes, alors accrochez-vous bien, sinon vous risquez de vous retrouver sur votre voisin ou votre voisine ! Les transports en commun à Wroclaw, c’est vraiment dangereux !

 

 Ça fait quoi d’être en exil ?

 

Tous ceux qui sont partis vivre plus de trois mois à l’étranger vont trouver tout ce que je vais dire évident et naturel, mais bon, pourquoi ne pas l’écrire ? Le plus dur est je pense de raconter ce que l’on vit, de répondre aux questions du genre « Alors, comment c’est la Pologne ? » « C’est vraiment très différent d’ici ? » « Qu’est-ce que tu fais là-bas ? » « Pourquoi t’as choisi la Pologne ? » « Racontes un peu, qu’est-ce que tu penses des polonais ? » (Petite parenthèse, je parle du peuple polonais, et non des hommes polonais ! A ce sujet, si vous êtes un homme et que vous recherchez l’âme sśur, précipitez-vous en Pologne, les femmes sont vraiment belles et toujours bien habillées, c’est impressionnant ! Par contre, si vous êtes une femme, ce n’est pas la peine de venir : les polonais se ressemblent tous, ils ont le crâne rasé, ils ne savent pas s’habiller et bref, on va s’arrêter là, ce n’est que mon avis ! Et comme partout, il y a quand même des exceptions !)

En résumé, il n’est pas évident de partager ce que l’on vit, donc je dirai que l’exil est souvent une expérience de solitude, on se retrouve face à soi-même, avec ses faiblesses et ses défauts, ses rêves et ses illusions, une envie de changer le monde et un immense sentiment d’impuissance… L’exil est la possibilité de réfléchir sur soi et sur ce qu’on veut faire de sa vie, sur l’essentiel et le superficiel, un peu comme un grand ménage dans sa vie ! L’exilé se rend alors compte de ce qui lui manque et de ce qui ne lui manque pas du tout, des personnes à qui il tient vraiment, de ce qu’il a besoin de faire ou non…

Ensuite, peut-être que l’exil est l’occasion de rencontrer d’autres « exilés », des personnes à qui l’on aurait jamais parlé dans un autre contexte, et à qui l’on se confie énormément, plus qu’à ses amis proches, parce qu’on est dans la même situation, on partage les mêmes joies et les même difficultés, on est embarqués dans la même galère ! (Qu’ai-je donc été faire dans cette galère ?) Les liens qui se créent dans ces moments sont uniques et étranges, on partage tout pendant une année, tout en sachant très bien qu’après, ce sera fini. C’est pour cela que ces moments partagés ont souvent un goût particulier, une saveur inconnue et profonde. Et puis l’exilé se rend compte qu’il a beau être parti au bout du monde, les gens sont les mêmes, ils courent après les mêmes choses, ils aiment les mêmes choses, ils ont souvent les mêmes peurs et les mêmes envies.

 

L’exil, quand on part, ça fait mal. Quand on arrive, on se sent loin de tout, loin de chez soi, on n’a plus aucun repère, pas d’amis, on a peur et en même temps on est heureux de tout découvrir… Et puis après, on a l’impression qu’on va revenir, que c’est seulement des vacances, et on a du mal à se faire à l’idée que l’on va passer neuf mois ici ! Le temps passe, on s’habitue et on arrive à se sentir de nouveau « chez soi »…

De temps en temps, l’exilé se sent tout d’un coup loin de son pays, et alors rien ne va plus ! Le moindre petit problème prend des proportions énormes, et l’exilé est persuadé qu’il traverse un désert d’épreuves, et que la salvation n’existe plus… Alors un petit évènement vient retourner la situation, une main amie se tend, un sourire éclaire sa vie, il a reçu une lettre, un message, un coup de téléphone et le monde redevient rose, après avoir été si gris !

Pour conclure, quand on est exilé, rien n’est normal. On trouve tout bizarre parce que tout est différent. C’est pourquoi, lorsque l’exilé rentre dans son pays il regarde ce qu’il a toujours connu avec les yeux d’un étranger, et ce regard est souvent très positif. Comment aider un exilé à remettre les pieds sur terre ? C’est une bonne question, à laquelle il n’est pas facile de répondre ! Laissez-le émerger doucement, parler quand il en a envie, accueillez-le à bras ouvert et ne vous étonnez pas si son comportement est parfois curieux, c’est normal ! L’exilé est un animal à part, une sorte d’extraterrestre, une espèce qui devient de plus en plus fréquente, et j’espère que tous les exilés ensemble pourront changer le monde, et surtout le regard que nous portons sur les étrangers en général…

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Pauline, webmaster! 03/11/2005 12:21

Bon maman aussi a gagne une bouteille de vodka, de toute facon je comptais bien vous en ramener une! je crois que je vais arreter d'offrir des bouteilles, ca va finir par me ruiner! C'est vrai que l'exil n'etait pas forcement le bon mot mais bon, on pourrait plutot dire "expatrie" alors! Prochaine question a venir...

isabelle la parisienne 02/11/2005 21:09

trop facile !!!!!!!!!!!!!!!
c'est breslau!!!!!!!!!!!!!
à moi la vodka!!!!!!!!!!!!!!!!
je t'ai envoyé tes magazines où seras-tu le 15 novembre ??????????????????????
l'exil c'est contraint et forcé : ce qui n'est pas ton cas : toi tu as choisi de partir ; tu devrais dire plutôt que tu t'es exilée volontairement !
intéressantes tes remarques quand on pense à tous ces gens qui débarquent à paris comme toi à wroclaw...continues à nous parler de ta vie quotidienne c'est passionnant
bien à toi
m.