Partir...

Publié le par Pauline du Chayla

Partir...

Quand on a décidé de partir, il faut faire ses bagages, seller son âne et se mettre en route. La montagne est à peine visible dans le lointain. A l'aube, il faut partir.

C'est un grand départ. Il faut dire adieu. A quoi?

A tout et à rien. A rien, car ce monde que l'on quitte sera toujours là, près de nous, en nous, jusqu'à notre dernier souffle, toujours aussi près de nous. Etant chassé et repoussé, il a bien des chances de surgir avec plus de véhémence à l'intérieur de nous même.

A tout, car, en partant à la recherche de l'absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner.

La séparation, finalement, n'est pas dans l'éloignement mais dans le détachement. Il faut à tout prix empêcher notre personnalité de se replier sur elle-même, de se construire une citadelle.

Avant de partir, il y a quelques coups de hache et de serpe à donner. En tranchant autour de soi, on voit immédiatement que l'on tranche en soi. Mais il ne faut pas attendre d'etre détaché de tout et de soi pour partir.

Qu'emporter avec soi? Tout soi-même et rien de moins. Etrange réponse après avoir dit qu'il faut tout laisser et surtout se laisser soi-même. Et pourtant c'est vrai, il faut s'emporter tout entier. Beaucoup ne partent qu'en apparence. Ils se mettent eux-meme en sécurité avant de se mettre en route. Ils se font une personnalité artificielle, ce robot, cette ombre d'eux-memes qu'ils envoient. Ils n'entrent jamais vraiment de tout leur être dans l'expèrience.

En partant, il faut mettre sur son âne tout ce qu'on possède et partir avec tout ce qu'on est, il faut tout prendre, les grandeurs et les faiblesses, les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes, tout, tout, car tout doit passer par le feu.

D'après un texte du Père Raguin "Chemin de la Contemplation

Publié dans Le départ

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article