Pourquoi partir?

Publié le par Pauline du Chayla

Mes motivations.

 

 

 

Pourquoi partir ? Qu’est-ce qui me pousse à partir ? Est-ce que je n’ai pas suffisamment de choses qui me retiennent à Paris et qui m’empêchent de partir ? Est-ce que ce projet n’est pas complètement fou et qu’est-ce qu’il va vraiment m’apporter ? Est-ce qu’on ne peut pas tout simplement rester en France et aider déjà ses voisins, avant d’aller en Pologne s’occuper d’enfants aveugles (quelle idée !!) ?

 

 

 

 

 

Première réponse : mon entourage : ma famille, mes amis, mon amoureux… tout me retient à Paris et cela d’autant plus au moment même où je viens de terminer mes études et où je m’apprête à rentrer dans la vie professionnelle. De fait, je peux à présent faire de ma vie ce que je veux, m’installer enfin chez moi, exercer le métier que j’aime, et ne plus dépendre de personne !! Je n’ai donc aucune raison de partir qui soit vraiment concrète ou palpable ! Et pourtant, je m’apprête quand même à tout quitter, pourquoi ?

 

 

 

Pourquoi allez passer neuf mois avec des enfants polonais qui ne parlent pas français, presque pas anglais, et qui, en plus, sont aveugles ? Franchement, autant aller essayer d’apprendre le serbo-croate à des sourds muets, ou monter une pièce de théâtre avec des tétraplégiques slovaques… (D’ailleurs, s’il y en a qui sont tentés par ce genre de projets, ça doit exister, renseignez-vous sur le SVE !!)  

 

 

 

Deuxième réponse : Si effectivement tout me retient à Paris et que mon besoin d’être utile, d’apporter quelque chose aux autres pourrait aussi bien être comblé en France, il doit bien y avoir une autre raison à ce départ. Depuis septembre dernier, il y a un an, j’avais ce projet de partir un an à la fin de mes études pour plusieurs raisons. Tout d’abord, donner des bases solides à ma vie en prenant du temps pour moi, c'est-à-dire en réfléchissant sur mes priorités dans la vie, sur ce que je suis et ce que je veux devenir… Le meilleur moyen pour cela est finalement de se retrouver seule dans un contexte différent, de ne plus vraiment pouvoir compter sur les autres, et de devoir construire de nouveau une image de soi face aux autres qui ne nous connaissent pas du tout. Ensuite, il faut se retrouver dans des situations plus ou moins difficiles, inconnues, qui nous dérangent, nous perturbent ou simplement nous surprennent, et qui exigent de nous de chercher des ressources encore jamais utilisées, que l’on est étonnés de trouver en soi. On apprend alors à découvrir ses propres limites. Non pas celles que l’on croit avoir (« de toute façon, moi je ne peux plus marcher, si je marche encore un pas de plus je vais m’écrouler. » ou bien « il faut absolument que je mange quelque chose maintenant sinon je ne tiendrais pas une heure de plus » ou encore « si elle dit encore une chose celle-là je vais l’étrangler, elle m’énerve trop ! ») mais les limites qui se situent vraiment très loin, celles que l’on aurait jamais imaginé pouvoir franchir aussi facilement…

 

 

 

Troisième réponse :  Ce que l’on appelle, même si je n’aime pas trop ce mot les « rencontres interculturelles ». J’ai toujours adoré voyagé, et ce qui me plait avant tout dans les voyages, c’est la rencontre de l’autre dans toute son altérité, c'est-à-dire dans ses différences. Différences de langue d’abord, de culture, de mode de vie, d’habitudes, de comportements, d’histoires… Toutes ces différences qui font la richesse de chaque individu et de chaque pays. J’ai toujours dit que je me sentais plus « européenne » que « française » parce que l’Europe est pour moi une chance incroyable, et parce que je m’y sens bien ! L’Europe de l’Est, constituée de tous ces pays qui ont eu une lourde histoire et qui en souffrent encore,  ne m’attirait pas spécialement au début mais au fur et à mesure que j’ai appris à la connaître par des mots, des rencontres, des livres, des images, j’ai de plus en plus envie de la découvrir en profondeur. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre d’eux, et il serait dommage d’ignorer ces voisins qui sont si près de nous tout en étant si différents, et qui font maintenant partie de l’Union Européenne.

Voyager en touriste est bien, mais pour moi ce n’est pas suffisant. Il me semble que pour parvenir à connaître un pays en profondeur, et non seulement en surface (paysages, sites touristiques, spécialités culinaires) il faut y vivre plus que quelques mois. Je n’ai pas la prétention de revenir en connaissant tout de la Pologne, je veux juste essayer de comprendre les polonais, d’en apprendre un peu plus sur eux et puis peut-être de leur apporter quelque chose…

 

 

 

Quatrième réponse : Qu’est-ce qui m’attire dans le fait de travailler avec des enfants aveugles ? Je trouve qu’aujourd’hui notre société repose beaucoup trop sur l’apparence et sur tout ce qui s’y rapporte. Or ces personnes vivent dans un monde où l’apparence n’est pas là, les choses et les gens existent et sont là, mais ils sont dépourvus d’apparence. Le fait de ne pas voir les autres, de ne pas voir le monde, est pour moi fascinant. C’est une barrière qui ne doit pas les empêcher de vivre et d’être heureux comme tout le monde, et je suis sure qu’ils ont une approche de la vie et du monde très différente de la nôtre, sans doute plus simple, avec peut-être moins de préjugés. Le jugement que l’on fait souvent des autres simplement en les voyant ne peut plus exister.

Comment communiquer avec ces enfants ? Comment leur parler, les aider, les comprendre ? Que ressent-on lorsqu’on ne voit pas ? Comment vivre cette forme d’exclusion, de rejet de la société au quotidien ?

Autant de questions auxquelles je ne peux pas répondre mais que je commence à me poser petit à petit.

 

 

 

Cinquième réponse : Enfin, le SVE est quand même une très grande chance puisque sans dépenser d’argent je peux m’investir dans un projet et apprendre une langue rare qui me sera sûrement très utile dans mon futur métier de traductrice (tout le monde parle anglais et espagnol, mais qui parle polonais ?)

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour conclure, on peut dire que j’aime les défis et que je crois que rien n’est impossible avec l’aide de Dieu et vos prières… Je compte sur vous pour me soutenir et m’aider dans ce projet et puis pour encourager tous ceux qui veulent partir et qui n’osent pas…

 

Publié dans Mes motivations

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article