Varsovie, capitale de la Pologne.

Publié le par Pauline du Chayla

Varsovie est avant tout une capitale, avec tout ce que cela implique. Je m’explique ! Il s’agit d’une grande ville, bruyante, moderne, on pourrait presque dire « occidentale ». Elle fourmille de polonais pressés, de touristes curieux, de jeunes branchés, de personnes âgées étonnées ! Les immenses buildings affichent des publicités gigantesques, la circulation est dense, les trams, les bus et les voitures se croisent, il y a même une ligne de métro… A la nuit tombante, Varsovie est tout aussi éveillée. Ses bars et discothèques s’animent et se remplissent de jeunes à la pointe de la mode, qui vouent un culte au monde du superficiel et à l’argent. Lorsqu’un bar s’ouvre et qu’il a du succès, cela dure quelque temps, jusqu’à ce qu’un autre bar vienne le remplacer, et le premier tombe aussitôt dans l’oubli pour toujours !

Mais Varsovie est aussi une capitale contestée. La plupart des polonais vous diront qu’ils n’aiment pas Varsovie, que cette ville est très laide et n’a aucun intérêt. Pour ceux-là, la vraie capitale, celle qui parle à leur coeur, ce serait plutôt Cracovie. Cracovie, la plus belle ville de Pologne, la plus visitée par les touristes, celle qui renferme le plus important patrimoine culturel et historique. Ainsi, lorsque je suis arrivée à la gare de Varsovie, j’entendais encore les voix de tous ceux qui ne voulaient pas que j’aime cette ville ! Difficile de se faire une opinion dans cette situation !

Varsovie, ou le mélange des styles.

La vieille ville, ou Stare Miasto, qui comprend le rynek (place du marché que vous voyez sur mes photos), un grand château en brique rouge, et une muraille de fortification qui entourait le tout. Cet ensemble est aujourd’hui inscrit au patrimoine de l’Unesco. Malgré la beauté de cet endroit, une seule impression subsiste. C’est comme si l’on se trouvait devant un décor de théâtre, un village de poupée, comme si tout avait été mis en place pour tourner un film, et que cela disparaîtra le lendemain.

Et quelques mètres plus loin, dès que l’on sort de la vieille ville, on pénètre de nouveau dans la ville bruyante et moderne, avec ses grands immeubles et ses grands magasins. Le mélange de ces deux villes est explosif, étrange, étonnant, il vous laisse sans voix… Imaginez un trou au milieu d’une ville, dans lequel vous posez une autre ville, jolie mais si différente de l’autre ! Et entre les deux, de temps en temps, une statue de Charles de Gaulle, un monument dédié à Copernic, le musée Chopin, la maison natale de Marie Curie, et le siège du Parti Communiste, un grand bâtiment gris et sale, comme il y en a beaucoup d’autres dans la ville.

Enfin, je vais vous parler brièvement de la partie qui m’a le plus intéressée dans la visite de cette ville, c'est-à-dire tout ce qui concerne le ghetto de Varsovie. Il ne reste aujourd’hui plus grand-chose de ce ghetto, mais on peut tenter de comprendre et d’imaginer l’horreur vécue par ces gens entre 1940 et 1943. Tous les juifs de la ville, et de partout en Pologne, ont été parqués dans cette toute petite portion de Varsovie pendant trois ans, avec les restrictions et les conditions de vie que l’on connaît. Si vous faîtes partie de ceux qui, comme moi, ont tremblé, frémi et pleuré en regardant le film du réalisateur polonais Roman Polanski, Le Pianiste, alors vous pourrez mieux imaginer les lieux et l’atmosphère qui régnaient à cette époque dans le ghetto.

Voici le monument dédié aux héros du ghetto,

 on peut aussi visiter la place d’embarquement des trains pour les camps de concentration, ainsi que l’Institut historique juif, qui contient une belle collection de photos en noir et blancs, d’explications et de témoignages qui permettent de se resituer dans la ville et de revivre ces moments tragiques de l’histoire de la Pologne. Si vous vous souvenez bien de la fin du film, il y a eu à la fin du ghetto, en 1943, une grande insurrection qui a démontré la résistance de ces juifs qui voulaient à tout prix se défendre jusqu’au bout, contre tout espoir bien sûr. C’est un exemple magnifique, et malgré l’échec et la mort de milliers de personne, cette révolte reste une très belle page d’histoire qui vaut le coup d’être examinée et étudiée de plus près. En tous cas, je conseille fortement à tous ceux qui n’ont pas vu ce film de le voir.

Pour conclure, je suis bien contente d’être revenue à Wroclaw, qui est une ville à la taille humaine, plus petite et dans laquelle je me sens plus à l’aise. En bref, je vous attends tous à Wroclaw, et je continue à vous raconter ma vie ici, avec très bientôt un article intitulé « La parisienne exilée » et un autre sur les spécificités de ma ville et ce qui me plaît ici ! Je voulais juste ajouter qu’à mon arrivée en Pologne je pensais surtout à ce qui me manquait ici par rapport à ma vie parisienne, et maintenant je me concentre sur ce que j’ai ici et que je n’avais pas là-bas !

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